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  • The Wood Trickster

"La Magie c'est de l'Arnaque...!"


Je n’ai jamais entendu une phrase aussi vraie et aussi fausse en même temps.

En réalité, cela dépend des circonstances dans lesquelles nous entendons cette assertion et surtout, dite par qui.

Par ailleurs, il faudrait nous mettre d’accord sur ce qui mériterait d’être appelé de

« la magie » et sur ce que nous considérons être de « l’arnaque ».

Sinon, j’ai bien peur que nous galvaudions les deux termes.

Je décide alors d’être pragmatique pour éviter les chichis des sensibilités des uns et des autres.

Oui, le magicien et l’arnaqueur doivent MENTIR et falsifier la réalité…

Oui, le magicien et l’arnaqueur peuvent être amenés à utiliser les mêmes techniques, voir les mêmes outils ou gimmicks.

Oui, tous deux sont de beaux parleurs.

En revanche, le mauvais arnaqueur risque d’être sanctionné de prison…dommage qu’il n’en soit pas de même pour le mauvais magicien ;).

Et c’est peut être de là que l’arnaqueur est devenu le meilleur dans ce qu’il fait : falsifier la réalité, convaincre.

Cela me fait penser au film Batman lorsque celui-ci doit s’échapper d’une prison située au fond d’un puit.

Le seul moyen de sortir est d’escalader…Si il s’assure d’une corde, il n’y arrive pas. C’est seulement lorsqu’il est « sans filet » qu’il trouve les ressources nécessaires pour escalader.

En ce sens, l’escroc a appris à devenir très convaincant et à impliquer sa victime afin de ne pas être confondu…être persuasif est une question de "vie ou de mort". C’est donc là que le magicien pêche. Généralement, sa crédibilité n’est pas aussi importante…Mais alors, comment peut-il emmener le spectateur exactement là où il le souhaite, lui faire traverser différentes émotions et envies, comme le ferait un escroc?

Vous penserez sûrement : "Cela est normal puisque au fond de lui, le spectateur sait que la magie n’existe pas : comment lui demander de croire en quelque chose qu’il sait pertinemment faux…?".

Ce à quoi je réponds deux choses :

  • Il ne s’agit pas de faire croire à son spectateur des faits apparement impossibles, n’y même de seulement lui présenter une étrangeté visuelle qui devrait s’auto-suffir pour captiver son audience… Il s’agit de réussir à l’impliquer, à l’intéresser en ce qui lui est présenté.

  • L’escroc demande lui aussi à sa victime de croire en quelque chose d’impossible, et il y arrive, car il sait tirer sur les bonnes ficelles qui vont induire un désir, un comportement de la part de sa victime… jusqu’au point de se faire remettre de grosses sommes d’argent.



C’est alors étonnant de voir que la grande partie des magiciens sont incapables de travailler au chapeau de façon prolifique…

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